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        Suivi d'une donne  

 

La donne numéro 20 qui vous est proposée a été jouée lors de la 3ème séance de la quadrette D2,
Samedi 16 novembre 2109 au Breuil
.

Elle est commentée par Stéphane Marty.

 
   NORD
   
 


   SUD Preneur
   
 
 
   EST
   
 
 
   OUEST Donneur
   
 
 
   CHIEN
   
 
  ATTAQUE : L’écart et le début
 


Unanimité des attaquants (qui ont tous, sans exception, gagné ce jeu) quant à la constitution d’une coupe à ,
l’entame et le plan de jeu (pousser les et voir ce qui passe dans les autres couleurs, tout en espérant une
sortie tardive du Petit), quasi unanimité des attaquants quant à la constitution de deux faiblesses
(seul l’attaquant n°13 a fait un écart avec une seule coupe et deux doublettes), mais des avis partagés quant
à la 2ème faiblesse à constituer : coupe ou roi de sec ?

L’assèchement du Roi de a l’inconvénient de s’exposer à d’éventuelles surcoupes, vu la piètre qualité des atouts
accompagnant les deux bouts imprenables du jeu d’attaque.

 
  DEFENSE : Les premières décisions des deux mains faibles, Est et Ouest
   

Unanimité des défenseurs en Est pour ouvrir à , couleur plus riche que les , Nord et Ouest n’ayant pas montré
une tenue à , mais des avis partagés entre l’ouverture à  par le Valet, plus agressif et plus protecteur,
qui incite plutôt Ouest à ne pas poser le Roi, ou une carte promettant un Honneur, qui contraint plutôt Ouest
à poser le Roi (le 10 ayant été vu dans le chien).

Avis partagés également quant au 1er atout de coupe, même si, à l’unanimité, on ne coupe ni du 4, ni du 7;
couper du 17 est propre, mais couper du 12 ou du 13 est aussi valable, surtout en vue de conserver le 17
pour un éventuel flanc joué par Nord et/ou Ouest.

Avis très différents des défenseurs en Ouest quant à la pose (ou non) du Roi sur l’ouverture d’Est.

Et enfin, que faire, si le Preneur (écart au roi de sec ou second) fournit à  ?

Très difficile (pour ne pas dire impossible) de répondre à cette question, puisqu’en rejouer ou ouvrir
une autre couleur (qui semble plus naturel) ne constitue, en aucun cas, une erreur technique de jouerie
(c’est seulement à donne découverte que l’on sait qu’il faut ouvrir à ).

   
  LES DIFFERENTES JOUERIES
   
  ⇒ Table 5
 
Ça a marché comme sur des œufs pour la défense :

• un uppercut au 12 sur le 4ème tour de du Preneur,
• le Petit qui ne s’évacue pas sur le 5ème tour de du Preneur,
• une réaction trop tardive de Nord une fois le Petit évacué,
• une Excuse assez bon marché pour le Preneur,
• et le tout couronné de la perte du Roi de .
   
  ⇒ Table 3
 
Avec son écart double coupe, le Preneur avait d’ores et déjà gagné son jeu dès le 3ème pli.
Par ailleurs, l’obstination de Nord à jouer s’est avérée plus coûteuse que payante, le Preneur ayant
ainsi réussi à déborder la main forte. L’uppercut au 13 sur le dernier du Preneur aura coûté une levée et
une charge à la défense, et le crochetage à sur le 16ème pli, à titre compensatoire, était difficile à trouver.
La coupe à faux du 21 sur le 3ème a néanmoins permis une valorisation de la surcoupe à .
   
  ⇒ Table 13 et 1
 
Toujours en main sur le 3ème pli, Est ouvre logiquement à (ouvrir à n’aurait surtout aucun sens, une fois
le 17 utilisé en 1er atout de coupe). Une fois le Petit sorti, le flanc atout est enfin déclenché par Nord, ce qui permet
à la défense de graisser les plis. Nord 13 s’est néanmoins montré hésitant, ayant joué son 4ème et dernier ,
avant de déclencher atout ; cette perte de temps a ainsi coûté le Cavalier de et le Valet de .
A contrario, Nord 1 n’a pas perdu de temps, et a profité de l’Excuse posée par le Preneur sur le 2ème joué par
la défense, pour affranchir ses 19 et 18, et pouvoir évacuer sa Dame de sur .  
   
  ⇒ Table 7
 
Un retour immédiat et malheureux à par Ouest, qui raccourcit ainsi la main forte et condamne trois pièces à .
La défense arrive cependant à sauver les meubles sur les , le preneur ayant des problèmes de gestion de l’Excuse
et de la finale du coup. Un flanc de chute aurait été possible si Ouest avait ouvert à , au lieu de rejouer
immédiatement , la donne pouvant alors devenir très compliquée à jouer pour le Preneur, tant et si bien qu’il se prenne
les pieds dans le tapis (mauvaise négociation de l’Excuse et des atouts, entre autres).
   
  Une jouerie où le Preneur peut se retrouver bredouille (à vous de trouver où et quand il se prend les pieds dans le tapis),
ci-dessous :
 
   
  ⇒ Table 4 et 2
 
Nord 4 et Nord 2, se retrouvant en main sur le 2ème joué par Est, ont décidé d’ouvrir à  : l’un, d’un petit, déclarant
certainement une main forte à ses partenaires; l’autre, du Roi, ce qui est très discutable pour trois raisons :
le Preneur, coupant à , possède forcément un résidu à ou à , les deux couleurs que Nord tient;
jouer le Roi peut permettre au Preneur d’affranchir son petit mariage, s’il le possède;
jouer le Roi est un gâchis si le Preneur coupe cette couleur, alors qu’il y a bon espoir de le déborder,
sachant la possession de 6 atouts de bonne qualité et 3 cartes dans la longue déclarée du Preneur (pas de poignée chez
ce dernier, qui possède deux bouts imprenables et au moins un Roi).
Nord 4 parvient à déborder le Preneur, qui a tourné à avant de jouer son dernier , mais au prix du sacrifice
des points à . Il aurait dû en être de même pour Nord 2, s’il n’avait pas commis un «lâcher de cartes»
sur les trois derniers plis !

Un flanc de chute était possible, si, après avoir coupé du 18, Nord avait joué le 20, au lieu d’ouvrir à , en vue dégager
le 21 du Preneur, sécuriser les , ainsi que le Petit, et enlever un éventuel gros atout restant d’Est, sous réserve
que le Preneur joue ses deux derniers , avant de jouer .
   
  Illustration ci-dessous :
 
   
  ⇒ Table 6
   
Une bien malheureuse inversion des atouts de coupe par Est aux 4ème et 5ème tours de qui a eu un effet domino au détriment de la défense : le blocage du flanc atout (le Preneur ayant tourné a tempo à ), la condamnation du Roi de , et surtout, la capture du Petit (très difficile de trouver qu’il fallait jouer au 16ème pli, Est ne pouvant pas savoir la possession des 18 et 19 chez Nord).
C’est cher payé pour la défense, qui aurait mérité mieux.
L’Excuse coûteuse pour le Preneur est une bien maigre consolation.
Si Est avait eu le nez creux de couper du 4 puis du 7, un flanc de chute était alors envisageable par une jouerie d’un flanc atout à fond, une fois le Petit sorti, et ce, sans la moindre erreur commise par le Preneur !
   
  La démonstration ci-dessous :
 
   
  TABLEAUX DES JOUERIES